Le siècle technologique, la nouvelle ère des relations franco-algériennes القرن التكنولوجي او العصر الجديد للعلاقات بين الجزائر وفرنساThe Tech Century : A New Era In The Franco-Algerian Relationship


Tribune de Jean-Pierre Mignard, parue dans El Watan le 20 juin 2017

Le siècle technologique, la nouvelle ère des relations franco-algériennes.

 

Les relations franco-algériennes sont un sujet sensible de part et d’autre de la Méditerranée. Si la plupart des commentateurs s’accordent à dire que les présidents Abdelaziz Bouteflika et François Hollande ont pu hisser le partenariat franco-algérien à un niveau inégalé, tous admettent que c’est aux sociétés civiles des deux pays de s’accorder sur une ambition et une vision.

Envisager la relation franco-algérienne, c’est d’abord rappeler la passion commune de la Méditerranée, véritable espace de partage. Cette passion de la Méditerranée, loin de rester une incantation creuse, doit devenir une véritable  prise de conscience. L’Algérie occupe une place à part en Afrique, et la France, en Europe. Parce que  ces deux pays sont stratégiques dans leur continent respectif il leur revient une double et exigeante responsabilité, celle de hisser leur partenariat à un niveau d’exception. Faire du partenariat franco-algérien un modèle de la relation entre l’Europe et l’Afrique est une véritable  injonction historique, géographique  et politique. Construire, dans l’espace euro-méditerranéen, un partenariat comparable à celui entre la France et l’Allemagne, qui entrainera les autres pays, relève de leur seule volonté.  A l’aune des défis économiques  politique et climatique, sur lesquels s’ouvre le siècle, prendre la mesure de l’urgence de la situation et y répondre côte à côte  dans les domaines de la la révolution digitale et la transition énergétique, de l’intelligence artificielle et  la robotique, de la sécurité et de la cyberdéfense, ouvre des futurs considérables à l’entreprise et aux sociétés. Et peut-être même à un plus grand appétit d’humanité.

Plaider pour un renouveau des relations entre la France et l’Algérie, ce n’est pas faire fi de l’histoire. L’Algérie et la France doivent savoir l’intégrer sans en être prisonniers, et mieux pour en faire une résilience. Les démons de la division pèsent bien peu de chose face à la communauté humaine, à la fois française et algérienne, que partagent ensemble nos deux pays. La géographie, la langue, la culture et souvent les liens familiaux ont contribué à créer une intimité qui ne pourra plus jamais être rompue. Elle est le ciment de ce partenariat  construit autour du partage plutôt que la rivalité, de création commune de la  richesse plutôt que de l’accaparer ou la dilapider.

Si la coopération franco-algérienne englobe de multiples aspects, deux d’entre sont absolument fondamentaux : la transition énergétique et la révolution numérique. La transition énergétique est la réponse durable aux risques climatiques angoissants qui se posent à la planète. Le retrait – provisoire ? – des Etats-Unis de l’accord de Paris souligne combien c’est difficile.  Déclinée sur le plan franco-algérien, la question climatique revêt diverses formes : elle doit nous pousser à agir sur les problématiques de gestion de l’eau ou encore de lutte contre la désertification, l’exode rural, et l’immigration de populations fragiles dont l’Algérie est une destination.

La question de la transition énergétique est bien la pierre angulaire de ce partenariat. Comme l’avait très justement rappelé le candidat Emmanuel Macron lors de sa visite à Alger, l’Algérie dispose du potentiel le plus important au monde en matière d’énergies solaires. Outre le potentiel réel de l’Algérie dans ce domaine, la conjoncture se prête à faciliter les investissements dans les énergies renouvelables, tant la dépendance au marché pétrolier crée aujourd’hui un aléa permanent. Dans ce domaine comme dans d’autres, la France, à travers ses acteurs tant publics que privés peut être un véritable partenaire et participer au transfert des savoirs et savoir-faire acquis, dans une logique de réciprocité. L’impact social  positif sera évident de part et d’autre.

La transition numérique est un des piliers de ce partenariat renouvelé. Trop souvent considéré comme un habillage cosmétique des politiques publiques, l’impact du numérique  s’avère être la clef de la nouvelle économie, celle de l’hyper innovation. Jour après jour, de nouvelles entreprises créent des modèles commerciaux qui perturbent notre conception de multiples secteurs (ex. : transports, hôtellerie, santé avec l’exploitation des data) et nous invitent à repenser les fondamentaux juridiques de l’entreprise et de la protection sociale.   Une  veille éthique partagée sur ce bouleversement en cours est indispensable.

Cette coopération renforcée doit bien sûr être soutenue par les gouvernements de chacun de nos pays, mais il appartient à la société civile de s’emparer de ces sujets et de les promouvoir.

Partant de ce constat, avec des ingénieurs et juristes, algériens et français, nous avons fondé  JISR France Djazaïr, jisr.fr, un laboratoire d’idées dont l’objet est de développer les synergies entre ingénieurs, scientifiques, entrepreneurs et étudiants, juristes et éthiciens  dans le domaine de la nouvelle économie. JISR a pour but de contribuer à la mise en œuvre de bassins d’innovation entre les deux pays, afin de contribuer aux partenariats nécessaires à ce développement. Les écoles polytechniques algériennes et françaises, toutes les deux bienveillantes à l’égard de ce projet, pourraient avoir un rôle moteur.

Ce laboratoire est animé au quotidien par un board  français et algériens* et parrainé par des universitaires comme Mourad Preure, Alexandre Lebkiri, Benjamin Stora  Cynthia Fleury ou Hakim El Karoui, des professionnels comme Jean-Jacques Augier, Merouane Debbah et Jean-Claude Douvry. Nous organiserons les 13 et 14 octobre un séminaire à Alger, destiné avec les professionnels et les chercheurs, à stimuler le débat public sur les questions évoquées, dans une perspective comparée entre les deux pays. Concrètement le rapprochement entre les grandes entreprises algériennes et françaises, les startups du numériques, en évitant leur étouffement, ainsi que la protection de la création  -à ce titre la coopération entre l’UNAPI et l’INAPI est un modèle – feront l’objet d’un examen croisé.  Cette initiative  est une contribution constructive, même si encore modeste,  à  cette ambition énoncée. Non pas face à face mais côte à côte vis-à-vis du reste d’un monde qui ne franchira les obstacles que rassemblé. C’est notre pari commun.

 

Jean-Pierre Mignard

Docteur en droit, avocat

Président de Jisr France Djazair.

 

* Le bureau de l’association est composé de Wassim Benaissa, Lamia Amrani, Aghilès Aït-Larbi, Adrien Basdevant et Grégoire Rialan.

 

القرن التكنولوجي او العصر الجديد للعلاقات بين الجزائر وفرنسا

ان العلاقات الجزائرية الفرنسية تعتبر موضوع حساس من جهة وأخرى من المتوسط.  وإذا اتفق اغلبية المعلقين على ان الرئيسين عبد العزيز بوتفليقة وفرانسوا هولاند رفعا التعاون بين البلدين الى مستوى ليس له مقابل انهم متفقين على ان المجتمعين المدنيين ان يتوجها بنفس الطموحات ونفس الرؤية.

التطرق الى العلاقة بين الجزائر وفرنسا هو تذكير بعاطفة مشتركة للبحر الأبيض المتوسط الذي يعتبر ك فضاء الاشتراك والتبادل. هذه العاطفة على البحر المتوسط، بدلا من الرقية اجوف يجب ان تصبح وعى حقيقي.

الجزائر تحتل مكانا خاصا في افريقيا وفرنسا في اوروبا. لان هذين البلدين استراتيجية في كل القارات تعود إليهم مسؤولية مزدوجة يتطلب جهدا واسع في رفع علاقتهما الى مستوى الاستثناء.

تفعيل الشراكة الجزائرية الفرنسية هو نموذج الشراكة العلاقة بين اوروبا وافريقيا قفزة حقيقية تاريخية وجغرافية وسياسية.

بناء في الفضاء الاورومتوسطى شراكة مماثلة بين فرنسا والمانيا التي ستمس بلدان أخرى اعتمادا على ارادتها ان البلدين امام التحديات الاقتصادية والسياسية   والمناخية التي تدشن القرن الجديد.

على البلدين ان تأخذا بعين الاعتبار هذه الوضعية الاستعجالية كي توفر لها الحلول اللازمة.

في ميدان الثورة الرقمية والانتقال في ميدان الطاقة والذكاء الاصطناعي والامن والربوتين.

ان كل هذه المواضيع تدشن مستقبل ضخم للشركات والمجتمعات وأيضا دوق أكبر للإنسانية.

الدفاع عن نهضة العلاقات بين الجزائر وفرنسا لا يعني اننا ننفي التاريخ بل على البلدين

الا تبقى فيه مسجونين.

ان شرير الشقاق لا يزن شيئا امام الجالية الإنسانية المكونة من جزائريين وفرنسيين التي تربط البلدين من جغرافية ولغة وثقافة وأيضا العلاقات العائلية التي انشات مودة

لا يمكن انقطاعها.

هي اسمنت التعاون المبني حول الاشتراك ولا حول المنافسة من اجل خلق ثروات مشتركة ولا من اجل تبديدها

. إذا تناول التعاون الفرنسي-الجزائري عدة جوانب هناك جانبان مهمان جدا وهما التحول في ميدان الطاقة والثورة الرقمية.

ان التحول في ميدان الطاقة هو الحل البعيد المدى للخطر المناخي الذي يهدد كل العالم.

وانسحاب (مؤقت) الولايات المتحدة من اتفاقية باريس يذكرنا ان التحدي صعب جدا وعلى المستوى الفرنسي-الجزائري ان القضية المناخية لها اشكال متعددة تجبرنا على العمل في مجال تسيير الماء والمكافحة ضد التصحر والزحف الريفي وهجرة سكان فقراء قد اختروا الجزائر كمكان استقرارها.

ان قضية التحول في ميدان الطاقة هو الحجر الأساسي لهذا التعاون كما ذكره الرئيس امانيال ماكرون خلال زيارته للجزائر حيث ان البلد له أوسع قدرات في العلم فيما يخص الطاقة الشمسية.

إضافة للقدرات الوطنية في ميدان الطاقة الشمسية ان الظروف الحالية تشجع الاستثمارات في الطاقات القابلة التجديد لسبب التبعية نحو سوق المحروقات.

في هذا الميدان وفي ميادين أخرى يمكن لفرنسا ان تكون شريكا حقيقي وان تساهم في تحويل المعرفة والمهارة المكتسب في إطار منطق المبادلة.

لا شك ان التأثير الاجتماعي يكون إيجابيا للجهتين.

ان الثورة الرقمية ركيزة هذا التعاون المتجدد وليس فقط تزيين السياسات العمومية.

ان تأثير الانتقال الرقمي يعتبر مفتاح الاقتصاد الجديد او اقتصاد

يوم بعد يوم هناك شركات جديدة تخترع نماذج تجارية جديدة بالنسبة   لمفاهيمنا في عدة قطاعات (النقل/ السياحة /الصحة) وكل هذه التغيرات تطلب مننا إعادة النظر في القواعد القانونية للشركات والحماية الاجتماعية والسهر المتبادل حول هذه الاضطرابات الحالية.

 

هذا ويجب دعم تعزيز التعاون من خلال الحكومات في كل بلد من بلداننا   لكن على المجتمع المدني ضبط مواضيعه والترويج لها.

انطلاقا من هذا التقرير مع المهندسين ورجال قانون جزائريين وفرنسيين أنشأنا جسر فرنسا الجزائر، مختبر الأفكار الذي يرمي الى تطوير أوجه   التآزر بين المهندسين والعلميين ورجال الأعمال   والطلبة    ورجال القانون والأخلاقيين في مجال الاقتصاد الجديد.

جسر يهدف الى المساهمة في تنفيذ بركة الابداع بين البلدين، وذلك للإسهام في تنمية الشركات اللازمة لهذا التطور.

المدارس المتعددة التقنيات الجزائرية الفرنسية ترعى هذا المشروع حيث يمكن   أن تمثل دور القيادة

هذا المختبر ينشط   بصفة   دائمة من طرف نخبة فرنسية جزائرية برعاية جامعيين مثل مراد برور، ألكسندر بكيري، بنجامين ستورا، سينتيا فلوري، حكيم القروي، ومحترفين كجون جاك أوجيي، مروان دباح وجون جاك دوفري

سننظم في 13 و14اكتوبر محاضرة في الجزائر العاصمة موجهة الى المحترفين والباحثين، لتحفيز النقاش العلني في المسائل المتطرقة في أفاق المقارنة بين البلدين وبشكل ملموس التقارب بين كبرى الشركات الجزائرية والفرنسية الناشئة عن التكنولوجيا الرقمية، مع تفادي انقطاع النفس وكذلك حماية الانشاء.

وفي هذا الصدد التعاون بين UNAPI و   INAPIهو نموذج موضوع دراسة عابرة

هذه المبادرة، هي مساهمة بناءة ولو متواضعة لهذا الطموح، لا وجها لوجه لكن جنبا لجنب اتجاه   بقية العالم للتغلب على العقبات المجتمعة وهو رهاننا المشترك.

 

جان بيار مينيار

دكتور في القانون ومحامي

رئيس جسر فرنسا-الجزائر

Jean Pierre Mignard

Docteur en Droit/Avocat

Président de JISR France

ان امانة الجمعية مكونة من وسين بنعيسى ولامية العمراني واغيلاس ايت العربي وادريان بادفان وكريكوار  ريالان

 

The Tech Century : A New Era In The Franco-Algerian Relationship

 

The relationship between France and Algeria has long been a delicate matter, on both sides of the Mediterranean. If most agree that Presidents Bouteflika and Hollande have brought the Franco-Algerian partnership to an unprecedented level, all will grant that the task of imagining and fulfilling a new ambition and vision for that partnership falls, in both countries, to the forces of civil society.

 

The Franco-Algerian relationship begins with mutual fondness for our shared space: the Mediterranean. This love for Mare Nostrum ought to make us recognize our historic responsibility in the future of the area. Algeria is a preeminent country in Africa, and so is France in Europe; because both countries hold strategic positions in their respective continents, they have the duty to build an ever-closer and ever-stronger partnership that will pave the way for future cooperation between Europe and Africa. Such is the decree history, geography, and politics, have placed upon us. The Franco-Algerian couple must become to the Euro Mediterranean space what the Franco-German couple is to the European space: a driving force that generates enough momentum for other countries to follow and come along for the ride. Working together to confront the numerous political, economic, and climatic challenges of our century, to do our part in the digital revolution, the energy transition, the rise of AI and robotics,  and cybersecurity, to bring more security and stability to a rapidly changing world, will open up bright futures for our companies – and perhaps a renewed appetite for life.

To plea for a renewal of the Franco-Algerian relationship is not to forget our painful history. Algeria and France must reckon with it but also rise beyond it, and turn it into resilience and strength. The demons of division are of little power against the communities of women and men, in France and Algeria, both French and Algerian, who share our two countries. Geography, language, culture, and often family ties have helped forge a close bond that we shall never break. It is the cement of this partnership built around cooperation rather than rivalry, by the shared creation of wealth rather than by its theft or its waste.

Franco-Algerian cooperation is important for many subjects, but two of them are absolutely crucial: the energy transition and the digital revolution. What is a stake with the energy transition is the elaboration of a sustainable response to the climate challenges threatening our planet. Case in point, the –temporary?- withdrawal of the United States from the Paris  agreement shows us how difficult making progress on this front can be. At the Franco-Algerian level, the climate challenge is manifested in a variety of ways, whether it be in water resources management, the fight against desertification, rural depopulation, or the immigration of fragile populations passing through or going to Algeria.

Thus, a common answer to the challenge of the energy transition ought to be the foundation on which to build our partnership. As then-candidate Emmanuel Macron remarked a few months ago in Algiers, Algeria has the world’s most important solar energy potential. Today, our continued reliance on oil creates an incentive for investors the world over to invest in sustainable energies and help actualize Algeria’s potential in the solar field. In this field as in others, France, through the contribution of both private and public actors, can prove a true partner, and help pass on knowledge and know-how to our Algerian partners, in a spirit of reciprocity. The positive social impact will show everywhere.

The other pillar of this strategy is the digital revolution. Too often in our countries considered a superficial ornament to more important public policies, the digital world is in fact the key to the new world economy of hyper-innovation.  Day after day, startups around the world disrupt established business models, in fields as diverse as transportation, hospitality, or health, and incite us to rethink the fundamentals of business law and social welfare policies. A keen ethical watch over those changes is absolutely essential.

This new, increased level of cooperation ought to be supported by the governments of our countries, but it must first and foremost be the work of civil society.

This is why, concurring in this opinion, we, Algerian and French engineers, legal specialists, scientists, and businessmen have created JISR France Djazaïr (see jisr.fr), a think tank whose main goal is to develop synergies between engineers, scientists, entrepreneurs, students, scholars, ethics specialists and lawyers on both sides of the Mediterranean in those new economic fields. JISR aims at creating centers of technology and innovation in the two countries to contribute to the partnerships necessary to move forward. The French and Algerian polytechnic schools, both supportive of this project, could play a leading role.

This think tank is ran by a Franco-Algerian board and sponsored by scholars (such as Mourad Preure, Alexandre Lebkiri, Benjamin Stora, Cynthia Fleury, or Hakim el Karoui) and professionals (such as Jean-Jacques Augier, Merouane Debbah and Jean-Claude Douvry) on both sides of the Mediterranean. We will hold our first conference on October 13 and 14 in Algiers, to discuss the challenges of the energy transition and the digital revolution in a comparative, Franco-Algerian perspective, and contribute to the conversation. This year, we’ll zoom on a handful of questions including increasing collaboration between major Algerian and French companies, the challenges faced by digital startups, and international cooperation in the field of intellectual property law (in this regard, UNAPI and INAPI have done a stellar job of collaborating). We hope this initiative will be a fruitful, albeit still modest, first step towards the fulfillment of our ambition. Let us endeavor to stand not one against the other, but side by side, with the rest of the world, for it is only by working together that we’ll overcome the many challenges springing up in our world. This is what we’re betting on.

Jean-Pierre Mignard

Ph.D. in Law

Attorney at the Paris Bar

Chairman, Jisr France Djazair.

 

* Wassim Benaissa, Lamia Amrani, Aghilès Aït-Larbi, Adrien Basdevant and Grégoire Rialan staff the board of our organization